J. Edgar : Clint Eastwood, Leonardo DiCaprio & le FBI...

Publié le par Jacoby2

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Le film explore la vie publique et privée de l’une des figures les plus puissantes, les plus controversées et les plus énigmatiques du XXe siècle : John Edgar Hoover. Incarnation du maintien de la loi en Amérique pendant près de cinquante ans, il était à la fois craint et admiré, honni et révéré. Mais, derrière les portes fermées, il cachait des secrets qui auraient pu ruiner son image, sa carrière et sa vie.

 

Du 10 mai 1954 au 2 mai 1972, jour de sa mort, il fut le premier et plus long directeur du Federal Bureau of Investigation (FBI). Il a servi sous 8 présidents, de Calvin Coolidge à Richard Nixon à passant par Franklin Roosevelt et John Fitzgerald Kennedy. Il est nommé à la tête du Bureau of Investigation (BOI, l'ancêtre du FBI) le 10 mai 1924 par le président Coolidge : il a alors 29 ans. En 1935, le BOI est renommé FBI et ses pouvoirs sont étendus par le congrès. Il acquis une grande influence en établissant des dossiers, particulièrement sur ses propres agents et sur les personnalités politiques (les nombreuses liaisons extraconjugales de ces derniers étaient du pain bénit pour Hoover, qui n'étaient pas toujours inclus dans les dossiers officiels du FBI. Cet héritage non officiel n'est cependant qu'une rumeur, car sa secrétaire de toujours, Helen Gandy, détruisit tous ses fichiers dans les années qui suivirent la mort de Hoover.

Après la Seconde Guerre mondiale et l'apparition de la guerre froide, il affirme l’existence d’un vaste réseau d’espionnage soviétique implanté aux États-Unis, ce qui entraîne notamment la création du programme de loyauté des fonctionnaires fédéraux en 1946 et de la National Security Act en 1947. De 1956 à 1971, il met en place le programme Cointelpro (Counter Intelligence Program est un programme de contre-espionnage du FBI sous la direction de John Edgar Hoover qui enquête sur et perturbe les organisations politiques dissidentes aux États-Unis).

 

Pour sa part, Clint Eastwood s'intéresse plus à l'homme qu'à ses faits et le titre du film en est la preuve : J.Edgar. En effet, sa mère l'appelait Edgar et c'est ainsi qu'il demande que sa secrétaire, Helen Gandy, l'appelle. Eastwood donne alors le ton de son film. Dès ses débuts, il exige une rigueur exemplaire. Lorsqu'il prend la direction du FBI, il fait "le grand ménage" dans son service et recrute des hommes en qui il peut avoir une entière confiance. Une rencontre va tout changer dans sa vie : celle de Clyde Tolson, fraîchement diplômé de l'Université de George Washington, à qui il proprose de devenir directeur adjoint du FBI. Il va vite devenir son bras droit et confident et de nombreuses rumeurs le disent même amant de Hoover. La mère de ce dernier avait égelement une grande influence sur son fils et on est en droit de se demander si ce n'est pas à cause d'elle qu'Hoover n'a pas refoulé son homosexualité jusqu'à la mort de sa mère. Une scène magnifique alors nous est offerte, il essaye une robe de sa mère et se contemple durant de longues secondes devant un miroir, seul dans l'obscurité. Durant sa longue carrière à la tête du FBI, Hoover n'a pas hésité à espionner ses concitoyens et même les hommes les plus puissants de son pays.

 

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Clint Eastwood réalise ici un biopic sur l'un des hommes les plus puissants que les Etats-Unis n'est jamais connu sur un scnéario de Dustin Lance Black, le scénariste qui monte à Hollywood depuis son Oscar du meilleur scénario en 2009 pour Harvey Milk. Le directeur de la photographie, Tom Stern, a fait un travail extraordinnaire et par ses jeux de lumière a réussi à faire ressortir la nature du personnage grâce à des plans crépusculaires : une face élairée et l'autre dans l'ombre.

 

Leonardo DiCaprio prête ses traits à J. Edgar Hoover et de quelle manière. Il est impressionnant de réalisme, il interprète Hoover durant toute la durée du film, et nous offre une interprétation (à Oscar ?) grandiose. Il habite son personnage et nous avons l'impression d'avoir le vrai Hoover face à nous tellement il est méconnaissable. Face à lui, Naomi Watts qui interprête Helen Gandy, la secrétaire de Hoover. Egale à elle-même, elle rayonne une fois de plus. Une actrice superbe avec un talent hors norme. Pour incarner Clyde Tolson, le bras droit et amant (?) de Hoover, Clint Eastwood a choisi Armie Hammer, jeune acteur américain qui voit sa carrière monter en flèche depuis son rôle dans The Social Network. Un acteur talentueux à suivre de près. Judie Dench incarne la mère de Hoover. Une mère (sur)protective qui a été sans doute trop présente dan sla vie de son fils, ne le laissant pas voler de ses propres ailes quand il aurait dû. Le reste du casting est complété de Josh Lucas, Gunner Wright, Geoff Stuls, Jeffrey Donovan et Goeffrey Pierson.

 

Clint Eastwood brosse un protrait de l'homme derrière le pouvoir, de l'homme dans son intimité et des choses qu'ils cachaient. J. Edgar se révèle être un biopic des plus intéressants, qui nous fais découvrir la vie d'un des personnages les plus emblématiques du XXe sièle. Leonardo DiCaprio y est magistral et bouleversant à la fois. Le film souffre de quelques longueurs sur sa fin mais le tout se suit avec intérêt  et on ressort de la salle avec de nombreuses interrogations en tête en se demandant ce qu'Hoover pouvait bien garder de si secret dans ses dossiers,...(Ma note : 13/20)

 

Publié dans Biopic

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